La Capitale du Bruit

SYNOPSIS :

Depuis 2012, un certain "Robert" photographie et filme les fêtards Strasbourgeois à leur insu et publie régulièrement leur image sur sa page internet "Je suis Robert" dans le but de dénoncer les nuisances sonores nocturnes du centre-ville. Deux réalisateurs amateurs vont à sa rencontre pour essayer de comprendre sa démarche...

DATES DE PROJECTION :

- 27 Février 2019 : Aquarium ciné café (Lyon)
- 24 Janvier 2019 : La Gare Expérimentale (Paris)
- 30 Novembre 2018 : Vidéos Les Beaux Jours (Strasbourg)
- 14 Novembre 2018 : La Chaouée (Metz)
- 18 Octobre 2018 : Le 3C (Aix-en-Provence) 
- 17 Octobre 2018 : L’Équitable Café (Marseille)
- 5 Octobre 2018 : Graffalgar (Strasbourg)
- 20 Septembre 2018 : Fifigrot - Festival International du Film Grolandais (Toulouse)
- 13 Septembre 2018 à 20h30 : Graffalgar (Strasbourg) 
- 1er Juillet 2018 à 18h30 : Neudorf en fête #2, séance organisée par Geteatout (Strasbourg) 
- 24 Juin 2018 à 20h30 : La Mandragore (Strasbourg) 
- 8 Juin 2018 à 20h30 : La Ruche en Scène, séance organisée par Scènes au bar (Orléans) 
- 27 Avril 2018 à 20h30 : Cantada II, séance organisée par Glorylol Cinéma Club (Paris) 
- 17 Mars 2018 à 14h : Le Molodoï, Festival Tribus Sonores (Strasbourg) 
- Du 31 Janvier au 5 Février 2018 : Cinéma Star St-Exupéry (Strasbourg) 
- 23 Janvier 2018 à 20h30 : Mudd Club (Strasbourg) 
- 28 Novembre 2017 à 20h15 : Cinéma Star St-Exupéry (Strasbourg), séance organisée par Rue89 Strasbourg

BANDES ANNONCES :





A L'ORIGINE DU FILM :

Au tout début de l'été 2015, Arnaud Delecrin et moi (Rock) étions au comptoir d'un bar strasbourgeois en train de boire des pintes de jus de pomme. Nous parlions tranquillement de cinéma et de rien, comme souvent, et soudainement notre conversation s'est orientée vers une association locale qui filme et photographie les clients des bars et boites de nuit strasbourgeois.es à leur insu. Ces images sont rapidement mises en ligne sur YouTube et Facebook et sont censées démontrer que le centre-ville de notre capitale européenne plonge peu à peu dans le chaos. Beuveries, bagarres, rues utilisées telles des pissotières, trottoirs vomitoires, et surtout, du bruit. Les "fêtards" hurlent et chantent tels les animaux d'un Disney torché à la Chimay et empêchent les riverains de passer une bonne nuit de sommeil avant d'entamer une longue journée de travail. Arnaud et moi scrutions la page Facebook de cette association atypique et commencions à lire les publications, les commentaires, à regarder les vidéos, les photos de vomis... et nous commencions surtout à rire et à envisager un court-métrage sur le sujet. Nous nous sommes mis à imaginer un type qui militerait contre le bruit au centre-ville de Strasbourg, commenterait des photos de vomis, et nous avons donné naissance à... Robert. Nous avons immédiatement réfléchi à qui pourrait interpréter ce râleur et j'ai très vite pensé à ce mec très drôle qui raconte les blagues comme personne et que je connaissais depuis quelques années : Stéphane Bernard. Le jour suivant, je contacte Stéphane et lui propose de jouer dans un court-métrage improvisé autour du personnage de Robert. Stéphane n'avait jamais joué auparavant, mais a rapidement cerné le personnage et accepté de participer à cette petite aventure qui ne devait durer qu'un après-midi à ce moment là...

DÉBUT DE TOURNAGE :

Quelques jours plus tard, j'emprunte le Canon 600D et le Zoom H4N des copains de la Beuleup Prod. et nous nous retrouvons chez Flo qui nous prête son appart pour tourner. Nous voulions filmer Robert en train de parler de son "mur de vomis", commenter chaque photo de dégueulis comme si c'étaient des oeuvres d'art. Il n'y a pas de doute : on voulait vraiment se moquer de cette asso. Puis, nous voulions aussi que Robert explique son combat. Pas de scénario, pas de texte écrit pour Stéphane Bernard ; juste un fil rouge. Nous voulions que le film soit un faux documentaire, et donc, que ce qui se passe à l'écran paraisse spontané, vrai, ce qui fait que nous avions demandé à Stéphane de réviser en se renseignant sur l'association et d'improviser devant la caméra. C'était la première fois que je tournais ainsi et c'était la première fois que Stéphane jouait ; soit ça passait, soit ça cassait. Arnaud était au son et je tenais la caméra. Le résultat final ne devait durer que 5 minutes. Nous avons tourné pendant une heure. Stéphane s'est montré brillant, hilarant et surtout irritant comme on le voulait. C'est rare de voir un pur novice avec autant de confiance devant la caméra ; j'étais probablement beaucoup plus nerveux que lui, inquiet à l'idée que le résultat soit désastreux et que nous allions devoir jeter ce petit projet à la poubelle.

Rentrés chez moi le jour même, nous vérifions les rushs avec Arnaud. Et nous avons pu constater que sur les 60 minutes tournées, une quarantaine était exploitable. Réduire tout ça à 5 minutes devenait absurde. Nous nous sommes dit qu'il valait mieux faire un court-métrage de 15 à 20 minutes et tourner plus d'images pour mieux rythmer le film. Qu'il fallait filmer des gens qui sont pour le combat de Robert, des gens qui sont contre et filmer Robert en plein action. Et nous avions trouvé un titre qui sonnait plutôt bien, selon nous : La Capitale du Bruit. J'ai donc recontacté Stéphane et, avec Arnaud, nous avons commencé à contacter des ami.es et des connaissances pour leur demander de participer au film en tant que comédien.nes. A ce moment là, on pensait que ce petit projet nous occuperait seulement pendant l'été 2015...

UN TOURNAGE QUI S’ÉTALE :

En septembre 2015, nous voulions tourner la séquence finale de ce court-métrage. Arnaud n'étant pas dispo, j'ai fait appel à Adrien Bonneau de la Beuleup Prod. pour me donner un coup de main au son. Deux heures de tournage qui donnèrent un final de 3 minutes. Un final qui me semblait parfait pour ce film. Mais, au montage, je m'étais dit qu'il manquait encore quelque chose.

Dans la foulée, mon ami Adrien Juncker cherchait des financements pour son projet de long-métrage à sketchs baptisé Odes à la Strasbourgeoise. Un film voulant mettre en avant des réalisateurs indépendants locaux sur un thème commun : l'amour. Il m'a proposé de réaliser un segment et j'ai donc commencé à développer un court-métrage sur le thème de la zoophilie romantique avec le comédien Eric Dietrich en laissant un peu de côté La Capitale du Bruit. Ce court-métrage prénommé Phil s'est achevé en janvier 2016 et je commençais sérieusement à me dire que La Capitale du Bruit serait un film avorté. Plein d'idées, mais pas assez de matières ; je me disais qu'il fallait soit laisser tomber et éviter de livrer un film insuffisant à mon goût, soit continuer...

J'ai refait appel à Arnaud et Stéphane en leur disant qu'il fallait encore tourner. "Encore ?!", me répondaient-ils en me faisant remarquer ensuite que ce ne sera plus un court-métrage. J'étais au chômage depuis décembre 2015, je me disais que j'aurai largement le temps de peaufiner ce projet. A partir de là, un format de 52 minutes (comme un documentaire pour la télévision) me semblait plus intéressant qu'un court-métrage de 20 minutes. J'ai finalement acheté le matériel nécessaire (un Canon 600D et un micro Zoom H4N) pour arrêter d'embêter la Beuleup Prod. et nous avons continué à chercher des idées avec Arnaud et Stéphane. A ce moment là, je m'étais dit que ce projet était plus ambitieux qu'une simple moquerie, qu'il n'était plus intéressant de taper juste pour taper et qu'il fallait faire un film un peu plus personnel. Nous avons développé le personnage de Robert, nous avons décidé d'assumer complètement (et de jouer avec) le côté amateur du film et ses contraintes techniques, à continuer de tourner en improvisation avec des copains, de tourner un maximum en extérieur, de créer une fausse page Facebook appelée "Je suis Robert" pour prendre des captures d'écran et donner vie à notre personnage sur les réseaux sociaux et nous avons même fait des véritables micro-trottoirs pour recueillir l'avis des strasbourgeois sur le sujet des nuisances sonores nocturnes au centre-ville.

BOUM :

Plus le tournage avançait, plus le résultat final me paraissait flou. Nous avions déjà tourné la séquence finale en septembre 2015, nous savions donc déjà vers quoi nous diriger, mais plus les heures de rush s'accumulaient, plus je me demandais si nous ne faisions pas fausse route en décidant de tourner un 52 minutes. Monter les séquences par-ci par là ne me suffisait pas, il fallait que j'y vois plus clair : j'ai donc décidé de monter une bande annonce du film, de la mettre en ligne sur Vimeo au mois de mai 2016 et de la partager sur Facebook dans l'espoir d'avoir des retours et de savoir si, au moins, ce film donnait envie ou pas du tout.

Une amie, Shani Chevalier, a balancé un extrait de la bande annonce sur le site Tchapp pour lequel elle travaillait, ce qui a suscité l'intérêt du site internet culturel et local Pokaa qui a rédigé un petit article autour de la bande annonce du film sans même me prévenir. Ils ont partagé la bande annonce sur leur page Facebook, et là, les réactions ont été pour le moins surprenantes. Une grande partie des Facebookiens a commencé à insulter Robert, à demander son adresse (!) en ne se doutant pas qu'il s'agissait de la bande annonce d'une fiction, et non d'un vrai documentaire (bien que l'article le précisait). Certains utilisateurs sont même allé sur notre fausse page "Je suis Robert" pour envoyer des messages privés à Robert et lui dire qu'il était un sale connard. Stéphane Bernard m'a fait part de son inquiétude et du fait qu'il n'avait pas très envie de se faire casser la gueule. J'ai essayé de le rassurer et lui disant que tout irait bien (j'en savais foutrement rien) et que ces réactions prouvaient à quel point il était talentueux et crédible (ce que je pensais vraiment). J'ai donc répondu aux messages privés envoyés sur la page "Je suis Robert" en expliquant qu'il s'agissait d'un projet de fiction, que Robert n'existait pas (en tout cas, pas sous la forme de Stéphane Bernard) et en invitant même les interlocuteurs à participer au film s'ils le souhaitaient (certains ont répondu positivement).

Ce petit article a fait effet boule de neige et la bande annonce est arrivée jusqu'aux yeux des membres et sympathisants de l'association dont on s'était librement inspiré. Ils ont évidemment soutenu le projet et nous ont traité de génies (je déconne).

Toujours au cours du mois de mai 2016, nous avons appris l'existence d'un petit festival de courts-métrages strasbourgeois appelé Festival 3M. Ce festival propose aux participants de réaliser des films de 3 minutes en respectant certaines contraintes. Mais il était aussi possible de s'inscrire dans le OFF du festival si le film ne respectait pas ces fameuses contraintes. J'ai alors décidé de leur envoyer un extrait de La Capitale du Bruit (pour la sélection OFF) déguisé en court-métrage de 3 minutes intitulé Entretien avec Robert pour voir si le public pouvait adhérer à notre humour ou non. C'était pour nous une projection-test, en quelque sorte. Cet extrait n'est autre que le passage où Robert commente ses photos de vomis et date donc de la première heure de tournage (au final, notre court-métrage aura quand même vu le jour un an après le début de cette aventure). Le festival s'est déroulé au mois de juin 2016 au Molodoï et nous avons pu présenter Entretien avec Robert devant une salle comble. J'étais avec Arnaud ; Stéphane passait le week-end avec sa maman et ne voulait pas qu'elle le voit commenter des dégueulis sur grand écran. Au milieu de la soirée, le court-métrage est projeté et tout le monde se marre devant Robert ce qui nous a énormément, énormément rassuré. Après la diffusion de chaque court-métrage, l'équipe du film est invitée sur scène pour répondre à quelques questions. Je monte avec Arnaud, et l'animateur de la soirée avait compris que nous nous étions inspiré d'une association strasbourgeoise pour le personnage de Robert, ce que nous avons évidemment nié en bloc devant tout le monde. Plus tard dans la soirée, une spectatrice nous a demandé si Robert existait vraiment, ce à quoi je lui ai demandé si elle voudrait qu'il existe. "Non", a été sa réponse. "Alors, il existe", j'ai répondu (pardon, Stéphane).

La sélection OFF du Festival 3M ne te permet pas de concourir pour les prix les plus prestigieux, mais il est tout de même possible de recevoir un prix tel que le prix "coup de cœur" ou autre. A l'annonce du prix d'interprétation, le nom de Stéphane Bernard retentit ! Ce qui a rassuré toutes les personnes qui se demandaient si notre court-métrage était un documentaire et, surtout, nous a fait énormément plaisir et nous a incité à parler sur scène de ce projet plus ambitieux qu'est La Capitale du Bruit. Après quelques verres dans la gueule, je décide d'appeler Stéphane Bernard et nous laissons un message alcoolisé sur son répondeur pour lui annoncer qu'il a gagné un prix et qu'il peut en être fier. Et qu'il faudra qu'on se revoit pour continuer à tourner...

Par la suite, nous avons envoyé Entretien avec Robert à divers festivals dans le monde et il a eu la chance d'avoir été sélectionné dans d'autres festivals en France, mais aussi aux Etats-Unis, en Suisse, en Espagne, en Roumanie, en Inde et en Egypte ! Nous étions sur le cul. Ce court-métrage vomitif a remporté trois autres prix, dont un deuxième pour Stéphane Bernard.

DEUX ANS, PUTAIN :

A la question "A partir de quel moment avez-vous décidé de switcher vers le long-métrage ?", Arnaud avait très bien répondu : "Nous n'avons pas décidé de switcher à un moment donné, nous avons mis deux ans à switcher." Après le prix du Festival 3M, je ne savais toujours pas quelle serait la durée de La Capitale du Bruit. Je savais juste que ce film était un terrain de jeu inlassable : expérimenter l'improvisation et le style faux documentaire, jouer avec les défauts du cinéma amateur... Plus on avançait, plus on se désintéressait du combat de Robert pour laisser place à un pur plaisir cinématographique. Nous tournions plein d'images au risque qu'elles ne fonctionnent pas et ne puissent s'intégrer dans le montage final. En gros, le schéma des mails et des coups de téléphone disant qu'il y avait encore une séquence à tourner s'est étalé jusqu'à l'été 2017, soit deux ans après le début du tournage.

Pour revenir un peu en arrière, en avril 2017, j'avais commencé à monter une véritable première version du film. J'étais devant mon ordinateur, avec entre 15 et 20h d'images à (re)trier. Bien que j'avais déjà monté beaucoup de séquences au fur et à mesure du tournage, j'avais voulu reprendre à zéro pour... y voir plus clair, si j'ose dire. Evidemment, j'étais complètement paumé. Je ne savais pas par quoi commencer, quel rythme choisir, quelle structure... En discutant brièvement avec Mathieu Berthon (qui est un réalisateur et programmateur vivant à Paris), il me parle rapidement du cinéaste  américain Christopher Guest dont il comptait programmer un film pour son Glorylol Cinéma Club. Je n'avais jamais regardé ses films et Mathieu m'a conseillé de jeter un oeil à sa filmographie puisqu'il a réalisé plusieurs faux documentaires comiques. Je me suis donc empressé de regarder Waiting for Guffman (1996). Et ça a été un déblocage instantané (toujours avoir des cinéphiles dans son entourage). J'avais enfin compris quel était le rythme et la structure idéale pour le film. A partir de là, ça a été du montage intensif, cloîtré chez moi à dormir deux heures par-ci, deux heures par là, jusqu'à fin juin 2017 (heureusement que j'étais au chômage)... Tout ça pour finalement me rendre compte qu'il manquait encore des choses et qu'il fallait tourner quelques images supplémentaires. En gros, le tournage s'est véritablement finalisé en août 2017 et le premier montage durait 2 heures et 5 minutes... Là, pour le coup, il n'y avait pas de doute : on avait fait un long-métrage.

J'ai montré le film à Arnaud et ses retours étaient plutôt positifs. Mais notre avis n'était pas objectif, nous étions trop dans l'affect. Nous savions qu'il n'était pas possible de faire durer ce film plus de deux heures. J'ai donc fait appel à ma pote de lycée, Lisa Klein. Lisa est une personne très impatiente devant un film. Elle s'emmerde rapidement. Du coup, je me suis dit que son retour pourrait être intéressant. En effet, elle m'a pointé du doigt les différents passages qu'elle considérait comme étant inutiles ou chiants. Je n'étais pas d'accord sur tous les points, mais j'ai fini par cuter 25 minutes de film pour arriver à une durée d'1 heure et 40 minutes. Je ne vais pas continuer à m'étaler sur le montage du film, je n'ai cessé de le modifier jusqu'au mois d'avril 2018 (soit 5 mois après la première projection publique du film ; oui, je suis chiant) pour arriver à une durée vraiment satisfaisante : 1 heure et 28 minutes...

LES ACTEURS :

Une des grandes difficultés pour un film autoproduit est de trouver des acteurs qui ont envie de participer à un tel projet bénévolement. Nous ne pouvions payer personne, donc notre premier réflexe à été de nous tourner vers nos amis ; c'est ainsi que nous avons pensé à Stéphane Bernard pour le rôle de Robert. Et puisque nous ne voulions pas écrire de dialogues pour garder l'illusion de la spontanéité à l'écran, il fallait des acteurs capables d'improviser devant la caméra. Cela va sans dire, si les comédiens sont mauvais ou mal dirigés, quelles que soient les qualités du scénario, le film est mort-né. Nous avions donc demandé à tous les acteurs de rester eux-mêmes et de parler avec leurs propres mots. En gros, nous les avions encouragé à ne pas jouer. Nous nous sommes limité à leur décrire leur personnage, à leur expliquer ce qu'ils allaient devoir exprimer, puis nous leur laissions de l'espace. Ce qui fait que ce film a été plus ou moins écrit avec eux.

Lorsque le film s'est révélé plus ambitieux que prévu, il nous paraissait intéressant de faire intervenir des acteurs de la vie culturelle strasbourgeoise. Déjà pour notre plaisir personnel et aussi pour donner une véritable emprunte locale à ce film au delà du décors strasbourgeois. Nous avons alors sollicité Eli Finberg (MC anglophone connu à Strasbourg pour ses groupes Art District, Blockstop et Freez, mais aussi pour animer le Freestyle Mondays), Guillaume Libsig (chargé d'événementiel à l’Euro-métropole de Strasbourg), Kansas of Elsass (connu pour être l'un des premiers YouTubeurs français en faisant des détournements de blockbusters tels que Matrix ou Rambo), Philipp Pollaert (un des programmateurs du Mudd Club), Adrien Juncker (réalisateur avec qui j'organise La Projo des Petits Grégory), Rafaël Cherkaski - désormais strasbourgeois - en apparition éclair (réalisateur de Sorgoï Prakov, My European Dream et leader du groupe Sdorvia Desko) et Gil Jogging (chanteur et musicien qui avait composé un morceau en hommage à l'association dont nous nous sommes inspiré)...

Certain.es comédien.nes plus expérimenté.es ont aussi donné de leur temps à ce film tels qu'Eric Dietrich (qui avait notamment joué dans Hélène et les garçons et d'autres séries pour la chaîne AB1), Ruby Minard et Giuseppina Comito (qui travaillent essentiellement dans le théâtre contemporain), Diane Breuil et Francis Gerardin (acteurs d'improvisation qui ont notamment travaillé pour la compagnie La Lolita). Mais aussi des acteurs complètement amateurs qui n'avaient jamais joué devant une caméra.

A partir de la deuxième année de tournage, nous ne connaissions pas ou très peu une bonne partie des personnes qui ont joué dans le film. C'est là que j'ai réalisé qu'il était important d'avoir une bande annonce du projet en guise de carte de visite. Les acteurs ont accepté de contribuer au film soit par amour du jeu, soit pour s'entraîner, soit parce que la bande annonce les avait intrigués, ou tout ça à la fois. Toutes et tous ont su se montrer exemplaires et ont participé à la crédibilité du film, même celles et ceux qui ont été coupé au montage final (nous avions entre 15 et 20h d'images, je le rappelle).

"JE SUIS ROBERT" :

Nous voulions que les spectateurs détestent Robert et nous voulions les manipuler au fur et à mesure pour qu'ils s'attachent à ce personnage qu'ils auraient été prêts à foutre au bûcher, sans pour autant pardonner ses actes et ses propos. Encore une fois, taper juste pour taper n'était pas intéressant pour un long-métrage. Il est facile de condamner un type comme Robert et de se dire "je ne suis pas comme ce sale connard qui râle pour un rien". Avec Arnaud, nous nous sommes demandés ce qui nous différenciait de Robert. En y réfléchissant, nous nous sommes rendu compte qu'à plusieurs niveaux, à différents moments de notre vie, nous sommes Robert. Par exemple, je suis Robert quand je suis à vélo. Quand je roule en ville, j'ai l'illusion d'avoir toujours raison et que les gens autour du moi (piétons, cyclistes et automobilistes) sont complètements cons et irresponsables. Ce qui est un raisonnement un peu bête puisqu'en étant plus zen et en faisant plus attention, je m'éviterais autant de stress et de colère. C'est une facette de moi que je méprise, mais elle est là et c'est à moi de la travailler, pas aux autres. En gros, nous avons tous un peu de Robert en nous et c'est entre autres pourquoi nous avons choisi d'intituler sa page Je suis Robert.

Les membres et sympathisants de l'association dont nous nous sommes inspiré ont dit que ce film était une caricature et un débat à sens unique. Caricature oui, pourquoi pas, c'est une comédie satirique avant tout. Débat à sens unique, oui peut-être, étant donné que nous considérons que si tu veux être au calme, tu te casses du centre-ville (bien que notre film ne présente pas cette idée comme une véritable solution, finalement). Si nous avions voulu être neutre et objectif, nous aurions fait un "vrai" documentaire, pas un faux. Mais ça aurait été moins marrant. Quoique.

STRASBOURG, LA NUIT :

J'ai toujours perçu Strasbourg comme une ville assez calme, contrairement à certains riverains "anti-bruit". Concrètement, ce n'est pas Barcelone ou Paris. Lors des périodes estivales, les terrasses ferment à minuit ou 1h du matin grand max. Certes, certains clients de bars ou de boites de nuit abusent et ne peuvent s'empêcher de se comporter comme des cons dans la rue pour montrer qu'ils existent, mais je pense que tout le monde l'a fait au moins une fois et qu'on retrouve ça dans toute ville ou petite ville du monde, dans une version alcoolisée ou sobre.

Lorsque nous tournions le film, je voulais justement faire des comparaisons avec des villes telles que Paris, Bruxelles ou Toulouse, en filmant le quotidien nocturne de ces villes et en interrogeant de véritables riverains. Mais après réflexion, cette partie aurait alourdit le film et, encore une fois, nous ne voulions pas faire un vrai documentaire, ce qui fait que j'ai laissé tomber cette idée. En septembre 2016, nous étions à Toulouse pour le Festival du film Grolandais et, un vendredi soir vers 23h et quelque, nous étions dans un bar à proximité du festival, dans la rue du Taur située au centre-ville. Deux policiers arrivent et exigent que la terrasse soit rangée en raison d'une plainte communiquée par un voisin. Sur la terrasse : 4 personnes qui avaient commis le délit de rire un peu trop fort (je précise que le reste de la rue était quasiment déserte). Les policiers discutent avec le taulier et le voisin en question descend de chez lui pour exposer son mécontentement. Et là, en voyant le bonhomme, j'hallucine. C'était le cliché du hippie. Un mec d'une trentaine d'années vêtu d'un Sarouel, avec des dreads qui lui descendaient jusqu'au cul et une gueule de fumeur de ganja. A ce moment là, j'ai eu la tristesse de constater que nous ne pouvions plus nous fier à ce bon vieux cliché du vieillard râleur qui se plaint de la jeunesse décadente. Ce soir là, le dreadeux a gagné et l'employé du bar a dû ranger la terrasse. J'essaye de me rassurer en me disant que ce jeune homme souffrait d'hyperacousie, mais dans ce cas, quelle idée de de s'installer en plein centre-ville ? Toulouse est une ville intéressante à comparer avec Strasbourg. Depuis l'élection du maire Républicain Jean-Luc Moudenc, une très grande partie des bars toulousains ferment à 1h du matin. L'un des seuls bars fermant très tard (vers 5 ou 6h du matin) porte bien son nom : La Dernière chance. Il existe évidemment quelques autres lieux festifs toulousains qui ferment tard tels que Le Shangai, mais si vous voulez juste boire des verres et discuter entre amis dans un pub sans musique de supermarché qui vous oblige à hurler pour vous faire entendre, vous feriez mieux de prévoir les bouteilles et de vous poser sur un banc, ou de rester chez vous. C'est d'ailleurs ça qui se passe à Toulouse : puisque les bars ferment tôt, les gens restent dehors ou font des soirées chez eux. Ce qui n'arrange pas du tout le voisinage, au final. J'ai rarement vu autant de monde dehors en pleine nuit à Strasbourg, puisque pas mal de bars ferment à 4h. A part peut-être dans la nuit du samedi qui est plus ou moins la nuit des fêtards dans n'importe quelle ville du monde. L'épisode du dreadeux racontée plus tôt pourrait émoustiller les membres de l'association "anti-bruit" strasbourgeoise et les conforter dans l'idée qu'il existe bien un réel problème dans les centre-villes, mais les solutions apportées par la Mairie toulousaine n'ont pas incité les gens à se calmer, bien au contraire.

Du coup, que faut-il faire ? Faire comme à Orléans ? Donner une prune à chaque personne qui ose boire une bouteille de Kronenbourg dans la rue ? Délocaliser les bars strasbourgeois et créer une rue de la soif, excentrée, surveillée par un groupe de policiers ? Et dans ce cas là, que se passerait-il au centre-ville, la nuit ? Le nuit serait-elle vraiment plus calme ? Personne n'oserait venir foutre un peu le bordel pour se rendre intéressant ? Et dans ce cas là, faudrait-il créer des checkpoints aux entrées du centre-ville pour savoir exactement qui entre et qui sort ? En gros, faudrait-il encore créer des ghettos ? Inciter la mise en place d'une Prohibition ? Est-ce que cela rendrait vraiment les gens plus calmes, respectueux et responsables ?

FAUX DOCUMENTAIRE ET FINANCEMENT :

Dès que j'ai commencé à m'intéresser au cinéma, je me suis vite pris d'affection pour le cinéma "fauché" pour des raisons mystérieuses, ce sur quoi nous nous sommes entendu avec Arnaud. Je m'identifie plus facilement et prends plus de plaisir devant des films contraints à peu de moyens que devant des blockbusters (même si j'en apprécie beaucoup) ou des films indépendants friqués (ceux de Wes Anderson, par exemple). Pour La Capitale du Bruit, puisque nous ne savions pas combien de temps il durerait et qu'il n'y avait pas de véritable scénario, nous n'avons pas fait appel à des aides financières. Ça aurait pu amortir certaines dépenses et payer les participants, mais puisque les personnages d'Arnaud et moi (les réalisateurs qui suivent Robert tout au long du film) sont des amateurs un peu branleurs (ce que nous étions vraiment, au final), je m'étais dit qu'il valait mieux être intègre jusqu'au bout et d'assumer complètement cet aspect là. Lors du tournage, je me suis amusé à regarder et re-regarder tous les faux documentaires, ou même les found footages, qui me passaient sous la main dans le but m'en inspirer et d'analyser tout ce qui me plaisait et me déplaisait dans ce genre. Une majeure partie de ces films (bons ou moins bons) étaient des films professionnels qui essayaient de faire croire que le matériel utilisé était de bas de gamme et entre les mains de purs amateurs, alors qu'à l'écran et au son, tout était "trop" propre. Normal, me diriez-vous, c'est du cinéma professionnel, donc avec des enjeux financiers, mais bizarrement, cet aspect là me frustrait, me faisait sortir de la plupart de ces films et j'avais envie de voir un "vrai" faux documentaire réalisé par de vrais amateurs. Au fur et à mesure, je m'étais rendu compte qu'à notre échelle, c'était notre rôle avec ce film (qui nous aura coûté 1500€) même si ça le condamnait à être peu diffusé.

LES DIFFUSIONS :

Le film terminé, il a fallu trouver un moyen de le diffuser. Nous n'avions pas de distributeur et nous savions que nous avions peu de chance en raison du sujet du film et du fait qu'il soit focalisé sur Strasbourg, une ville pas très populaire au cinéma. J'ai longuement hésité à faire une demande de visa d'exploitation au CNC, puis je me suis demandé quels seraient les véritables avantages si nous l'obtenions. Au final, assez peu. Ça ne nous permettrait pas forcément de trouver un distributeur et ça ne nous ouvrirait pas forcément les portes du Grand Rex ou du Festival de Cannes, du coup, j'ai laissé tomber et décidé d'y aller au culot tout en sachant que ce ne sera pas facile.

Rue89 Strasbourg s'est montré intéressé par le film et a décidé de le projeter dans le cadre de son ciné-club au cinéma Star St-Exupéry le 28 novembre 2017, dans le but d'organiser un ciné-débat en compagnie de Mathieu Cahn, adjoint au maire de Strasbourg. Nous avions évidemment peur que les seules personnes présentes à la séance soient uniquement des potes et des connaissances, mais au final, 260 places ont été occupées par des curieux (et des potes et des connaissances). Il paraît qu'une trentaine de personnes ont été refusées à l'entrée, faute de places. Face à cette salle comble, nous étions nerveux comme des puceaux et craignions le pire au cours de cette projection : des spectateurs ennuyés qui partent au bout de 20 minutes, des problèmes techniques, etc... Pour ma part, j'avais déjà vu le film 1253 fois puisque j'en avais fait le montage, donc je dois admettre qu'il m'ennuyait déjà. Mais je voulais écouter les réactions des spectateurs pendant la projection, donc je suis resté dans la salle pour constater les dégâts. Et je ne le regrette pas parce que ça m'a permis de redécouvrir notre film sous un nouvel angle. Les spectateurs riaient énormément pendant le film, même à des moments où je ne m'y attendais pas. Ce qui était très rassurant et m'a donné un peu plus confiance en notre travail. Les questions et les réactions après le film ont été extrêmement positives ; les gens ont détesté Robert, et ont fini par s'y attacher. Nous avions réussi notre pari. De plus, tout le monde semble d'accord sur un élément : Stéphane Bernard est un acteur brillant.

Evidemment, le film n'a pas plu à tout le monde. Une fois, une spectatrice m'a dit que le film ne lui avait pas plu parce qu'elle avait le cul entre deux chaises ; elle ne savait pas si elle devait aimer ou détester Robert. C'est ce que nous voulions aussi, ce qui fait que c'était une réaction négative positive, d'une certaine manière. D'autres n'ont pas adhérer à l'humour et ont reproché que le film n'apportait aucune solution au problème du bruit en ville. Vous pourrez jamais emballer tout le monde et je considère que ce n'est pas à nous d'apporter des solutions.

A cette date, le film a été projeté dans d'autres lieux à Strasbourg (Le Mudd Club, Le Molodoï, La Mandragore, l'Espace 23) et a même pu être programmé pendant une semaine au Star St-Exupéry grâce à un visa d'exploitation temporaire. Il a aussi été projeté dans des lieux alternatifs à Paris et Orléans. Ce sont d'ailleurs ces lieux que nous privilégions pour les projections du film : les bars, les salles de concert, ces lieux qui ont tendance à déranger le voisinage et qui, pour la plupart, en raison des plaintes, sont contraints de modérer leurs événements ou carrément de mettre la clé sous la porte. Le triste sort de ces lieux finissent par appauvrir la vie culturelle des villes françaises et même si je peux comprendre que certains lieux, ou plutôt certains "fêtards", abusent et font trop de bruit en semaine, je ne peux imaginer une ville sans lieux qui laissent place à la culture alternative ; la culture populaire a ses limites aussi. Bien que notre film se déroule à Strasbourg, sa problématique dépasse ses frontières. La Capitale du Bruit n'a pas la prétention d'apporter de solution au problème, c'est avant tout une comédie qui se défoule sur le sujet au travers d'un personnage "anti-bruit" et c'est pourquoi nous considérons qu'il a sa place dans les lieux alternatifs.

D'ailleurs, si vous bossez dans un lieu culturel alternatif en France, en Suisse ou en Belgique et que vous souhaitez diffuser notre film, n'hésitez pas à m'envoyer un mail : rockbrenner@gmail.com

FAIRE VIVRE UN LONG-MÉTRAGE AUTOPRODUIT :

Il n'y a pas si longtemps, quelques personnes ont été renvoyées vers moi par des organisations mystérieuses et m'ont envoyées des mails pour me demander des conseils sur comment faire vivre leur film. La plupart de ces personnes, que je ne connaissais pas, avaient un court ou un long-métrage autoproduit sous le bras. Et je me suis senti très bête devant ces demandes parce que moi-même j'essaye constamment de comprendre comment faire vivre un film autoproduit quand on a peu de contacts et peu de moyens. Il n'y a pas de miracle : cherchez pendant des heures et des jours sur Google. C'est un long travail.

Il y a différentes manières de faire vivre un film autoproduit : vous pouvez organiser vos propres projections. Après, à vous de choisir les lieux et de négocier avec les patrons. Comme expliquer plus haut, pour La Capitale du Bruit j'ai une préférence pour les lieux alternatifs, même si le projeter en salle est une expérience inestimable. En tout cas, les lieux alternatifs ne vont pas vous souler avec le visa d'exploitation du CNC et les spectateurs n'auront pas à payer près de 10 boules pour mater votre film. Les lieux alternatifs vont toujours vous proposer un horaire en soirée, tandis que les cinémas, c'est pas toujours sûr. Les lieux alternatifs sont souvent intéressés par les films "alternatifs", ou locaux, les cinémas, même d'art et d'essai, pas sûr non plus. Ces mêmes lieux ne vous demanderont pas de frais de location (en théorie). Je ne veux pas cracher dans la soupe, les cinémas ont sûrement beaucoup de demandes et ça doit être difficile pour eux de sacrifier la séance d'un film produit et éventuellement attendu par un certain public pour votre film fait avec deux sous et avec très peu de visibilité dans les médias. J'ai récemment eu la chance d'entrer en contact avec un lieu alternatif qui m'a donné une liste des différents lieux culturels associatifs qui mettent des événements en place, dont des projections pour la plupart :
http://www.resocafeasso.fr/les-outils-du-reseau/le-repertoire-des-cafes/

Si vous voulez vous faire de l'argent avec votre film, ne vous faites pas trop d'illusions. Ces lieux ne défraieront pas vos déplacements, ne vous paieront pas une chambre d'hôtel au Plaza s'ils sont situés en dehors de votre ville et ne vous offriront pas un chèque à la fin de la projection. C'est à vous de réfléchir à ce qui est le plus important : la thune ou faire voir votre film. Evidemment, si vous pouvez bénéficier des deux, c'est l'idéal. Pour cela, vous pouvez toujours négocier avec les personnes qui gèrent les lieux en question pour faire une entrée à prix libre pour votre film, dont une bonne partie vous reviendra de droit et une autre partie au technicien s'ils ont dû faire appel à un technicien pour mettre en place votre projection. Ça ne couvrira pas toutes vos dépenses (le montant dépendra du nombre d'entrées et de la générosité des spectateurs), mais ça peut les soulager un minimum.

Si pour vous, votre film doit absolument être diffusé en salle et non dans un bar ou une salle de concert, vous pouvez toujours les envoyer en festivals : pour cela, il existe différentes plateformes d'inscriptions telles que FilmFreeway, FilmFest Platform, Withoutabox, FilmFestivalLife, Click for Festivals, ShortFilmDepot et autres. Par contre, sachez que ces inscriptions ne sont pas gratuites pour la plupart. Si vous souhaitez inscrire votre film au festival de Sundance, par exemple, ça vous coûtera minimum 80$ sans garantie d'être sélectionné au bout (d'ailleurs, si vous n'avez aucun contact à Sundance pour mettre votre film en avant, vous n'aurez quasiment aucune chance (sauf si vous avez pondu un chef d'oeuvre hallucinant qui peut rapporter beaucoup de pognon, mais ça reste un cas très rare), donc économisez votre argent et dirigez-vous plutôt vers des festivals plus modestes qui pourraient potentiellement être intéressés par votre film). Le site américain No Film School donne beaucoup de bons conseils sur comment tenter de faire vivre votre film (court ou long) en festivals et le vendre aux programmateurs :
https://nofilmschool.com/search/film%20festival/articles
Sinon, à Paris, vous avez aussi le festival Cinémabrut qui se consacre exclusivement au cinéma autoproduit, ou vous nous avez nous, ici à Strasbourg, La Projo des Petits Grégory qui recherchons constamment des films libres, fous, impertinents et souvent autoproduits pour notre programmation.

Mais si vous êtes au RSA et que vous n'avez pas les moyens de payer vos inscriptions, certains festivals ne demandent aucun frais. Certains festivals proposent aussi des inscriptions gratuites aux étudiants. Ce sera plus facile pour un court-métrage que pour un long et ce ne seront pas les festivals les plus prestigieux, mais c'est mieux que rien. Vous pouvez effectuer vos recherches sur les plateformes d'inscriptions citées plus haut en précisant bien la mention No Fee ou 0$ dans vos critères de recherches et/ou vous reporter sur ce blog recommandé par No Film School :
https://noentryfeefestivals.com/

Si votre film est refusé par la quasi totalité des festivals, il ne faut pas pour autant vous décourager ou entrer dans le cliché de l'artiste incompris. Faire vivre son film autoproduit est un travail (sous payé) de longue haleine ; j'essaye de me dire que si on est passionné et qu'on a un minimum confiance en notre travail, on parviendra, un jour, à faire notre nid. En théorie. Croisons les doigts et tout le reste.

Il existe encore plein d'astuces pour faire vivre son film, comme trouver un distributeur, par exemple, mais c'est très difficile, ou tout simplement, le mettre gratuitement sur internet. Le réalisateur Rafaël Cherkaski avait mis son long-métrage autoproduit Sorgoï Prakov, My European Dream en libre accès sur YouTube, ce qui lui avait valu un nombre de spectateurs qu'il n'aurait pu atteindre aussi facilement ailleurs. Grâce à ça, son film a pu être chroniqué par le youtubeur In The Panda et un distributeur américain l'a même racheté pour le diffuser en VOD. Ce qui est à la fois une bonne et une mauvaise chose. Bonne parce que, putain, ton film a été racheté par les ricains, ça fait classe de le dire en soirée ou à des financeurs, et que tu as droit à un pourcentage pour chaque visionnage. Mauvaise parce que ce fameux distributeur n'est pas très doué en communication, qu'il a changé le titre de son film en Descent into Darkness, My European Nightmare (un titre de merde, en somme) et qu'il a charcuté quelques passages de son film (au cas où vous ne l'auriez pas compris, il s'agit plus ou moins d'un film d'horreur). En en discutant avec Rafaël Cherkaski, il m'a fait part du fait qu'il regrettait un peu de ne pas avoir laissé son film en libre accès sur YouTube car, au final - en raison d'une com' laborieuse de la part du distributeur américain -, son film ne peut plus atteindre de nouveaux spectateurs aussi facilement. Heureusement, ce n'est que temporaire, si j'ai bien compris. Bien sûr, vous pouvez toujours tomber sur un distributeur qui fait une excellente com' et ne trahira pas votre bébé, mais encore une fois, ça va exiger un long travail de recherche.

INFLUENCES :

Comme expliqué plus haut, Mathieu Berthon m'a fait découvrir le cinéaste Christopher Guest, donc l'influence du film Waiting for Guffman sur le rythme et la structure du montage de La Capitale du Bruit est clairement présente. Mais avant ça, je pense que C'est arrivé près de chez vous de Rémy Belvaux et sa clique a été une influence inconsciente pour Arnaud et moi. Inconsciente car en démarrant notre film, nous ne parlions presque jamais de C'est arrivé près de chez vous, à aucun moment nous ne pensions faire de clin d’œil. C'est en le revoyant au bout de plusieurs mois de tournage que nous nous sommes rendu compte de certains points communs au-delà du parti pris documenteur : le protagoniste dérangé et antipathique, et la complicité qui se crée entre l'équipe de tournage et lui. Au départ, nous voulions développer davantage la relation entre Robert et les personnages d'Arnaud et moi. Mais en revoyant le film de Belvaux, Bonzel et Poelvoorde, nous avons décidé de s'en éloigner le plus possible, et donc, de laisser cette relation en surface pour privilégier la relation entre Robert et les autres (la séquence du repas chez les "amis" de Robert, par exemple). J'ignore si c'était le meilleur des choix, mais nous ne voulions pas qu'on nous reproche de copier C'est arrivé près de chez vous.

Pour le caractère et l'attitude du personnage de Robert, les films The Foot Fist Way et Observe & Report de Jody Hill ont clairement eu une grande influence sur son développement. Dans ces films, les personnages de Danny McBride et Seth Rogen sont fiers, directs, convaincus de leur connerie, ne se remettent jamais en question et mettent mal à l'aise. Comme le personnage joué par Seth Rogen dans Observe & Report, Robert est un petit clin d’œil décalé au personnage joué par Robert De Niro dans Taxi Driver. Ce sont des solitaires qui vivent dans un milieu urbain qu'ils peinent à tolérer et qui s'investissent d'une sorte de "mission". L'affiche de La Capitale du Bruit n'est autre qu'un gros clin d’œil à une affiche de Taxi Driver.


DANS LA PRESSE :

Dans les DNA (Dernières Nouvelles d'Alsace) :


Lire aussi sur :

Rue89 Strasbourg
France 3 Grand Est
Pokaa
Elityst
L'Offre Neudorf
France Bleu Alsace (émission radio)

LA MUSIQUE DU FILM :

Toute la musique du film est rassemblée dans cette galette numérique. Vous y entendrez les musiques de Cerky, Shepard Electrosoft in Public Garden, Sdorvia Desko, Thomas Schoeffler Jr., Happy Jawbone Family Band, Artcore State of Mind, Shawn Lee et Gil Jogging, qui nous ont très gentiment autorisé à utiliser leurs sons !



PHOTOS DE TOURNAGE :







FICHE TECHNIQUE :

Réalisation et montage : Rock Brenner
Scénario : Stéphane Bernard, Rock Brenner et Arnaud Delecrin, en collaboration avec les comédien.nes
Acteurs : Stéphane Bernard, Diane Breuil, Ruby Minard, Francis Gerardin, Eric Dietrich, Guillaume Libsig, Eli Finberg, Kansas of Elsass, Adrien Juncker, Giuseppina Comito, Nicolas Marlot, Estelle Dalleu, Jean-Benoît Chopart, Nicolas Baron, Pauline Joseph, Gil Jogging, Philipp Pollaert, Gaëtan Wurtz, Aurélien Knaub, Thibaut Kuttler
Avec la participation de : Thomas Schoeffler, Jr., Frank Bettcher, Léa Fizzala, Antoine Weber, Yann Kerdoncuff, Joris Langenbronn, François Most, Rafaël Cherkaski, Matthieu Costes, Lucas "Kenevra" Cournut, Caroline Faivre, Laura Fix, Quentin Metenier, Alexandre Modica, Sébastien Rovere
Son : Arnaud Delecrin, Nassim Barbot, Adrien Bonneau, Adrien Juncker, Anne Régnault, Christophe Rouag, Jonathan Zimmer
Maquillages : Adèle Masson
Mention Design : Fabrice Sérapion
Matériel : Adrien Bonneau, Shani Chevalier, François Delamarre, Florian Détrée, Adrien Juncker
Soutien technique : Florian Détrée, Matthias Fourquet, Larry Goulade, Adrien Juncker, Yann Kerdoncuff, Lisa Klein, Stéphane Nuss, Fabrice Sérapion
Accessoires : Stéphane Bernard, Florian Détrée, Lesley Khednah, Adèle Masson
Images additionnelles : Stéphane Bernard, Rafaël Cherkaski, Léa Fizzala, Gabriel Goubet, Larry Goulade, Guillaume Libsig, Mitch Martinez
Musique : Cerky, Shepard Electrosoft in Public Garden, Gil Jogging, Happy Jawbone Family Band, Shawn Lee
Lieux de tournage : Laetitia Bonnaudet, Florian Détrée, Nicolas Ferfouri, Matthias Fourquet, Larry Goulade, Gilles Granget, Lisa Klein, Sylvia Klein, Quentin Lehmann, Ann-Gaëlle Porté, Gilles Rohmer, Sébastien Rovere, Juliette Sizaret
Affiche : Maxence Patachek / Photographie : Kenevra
Traduction anglaise : Sabine Bosler
Corrections : Lisa Klein
Durée : 1h28